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1968
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mon amour imaginaire
ma colombe jaillie des puits de mines
je passe les yeux clos
le temps du rêve
à regarder voler
sous tes ailes et les mains tendues de mes frères
la voix des sirènes de l'utopie
Nos fronts à ton ventre collés
sont lèvres à la fontaine de sable
ô douceur émaciée
à vivre et à tordre
conformément à l'ordre des jours
seul
planté au milieu du surgelé silence
à s'écouter battre la vie dans les oreilles
à se taper
sur les oreilles
à se vouloir rendre sourd
à vouloir n'écouter plus que le parler mélusique
des prairies et des nuages
que ta voix
ma palombe envolée du noeud des cheminées
que les marques indélébiles
de l'assassin casqué sur ton cou
avec le sang qu'on te jette
et planant comme édredon d'or
sur l'ici
et sur ton chant de l'Ailleurs |