étrange
cette pièce chaude où gît parmi les sous-verres
Rainer Maria Rilke
j'écoute la voix des anges
ceux qui bourdonnent comme mouches dans ma tête
quelle paix fermée que ces visages
un dieu grec plane dans l'aller et retour des regards
la vie s'est ici battue le tambour des retraites coupées
et nous voici quatorze dans l'attente d'une porte qui s'ouvre
étrangers
honteux de nos pleurs secrets qui sont crachin de novembre
j'écoute
comme dans le cocon monoplace de mon lit
le bruit des élitres des humains
j'habite avec eux les grandes nécropoles où se perdent les rêves
toutes les nuits
toutes les nuits
la solitude y pile des étoiles au fond de son mortier égalitaire
j'écoute
le bruit d'outre rien de vos pas
le frôlement imperceptible et vain des cuisses satinées
de vos femmes
je guette
car je ne désire plus que cette musique des chairs
assis sur mon scrotum
et attendant de périr
silencieux devant l'inutilité blanchâtre de l'aurore
parenthèse
présent suspendu
