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la
nuit est comme une algue
ondulant au gré de l'insomnie
toute chose arrêtée
écoute les rêves des hommes
dans le luxe feutré du silence
et toi, mon ami,
mon reflet dans la glace
veille
veille encore un peu avec moi
bois avec moi cette coupe des ténèbres veloutées
cette antichambre paisible de la mort où tout à coup la
vie prend de l'importance
où l'on entend son souffle
où l'on entend bruire les oiseaux de nuit et les insectes secrets
qui sont l'âme du monde
les trolls qui reconstruisent la terre au milieu de l'anéantissement
des songes
la nuit...
paisible chaude et muette comme une couette
vivante potentielle
où déjà geste le jour
paisible grossesse
je me love
je préexiste
et je vais céder voluptueusement à ses charmes narcotiques
demain...ah ! demain...
mais demain existera-t-il ?
existe-t-il ? |
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