Note de l'auteur :

Une mode quelque peu envahissante voire un snobisme ambiant voudrait que je colle à ces petits poèmes l'appellation de Haïkus.
Je m'y refuse absolument. D'abord parce qu'un Haïku ne se conçoit qu'en japonais (question de rythme et de sonorité codifiés selon des règles très strictes inapplicables en français); ensuite parce qu'il faut bien avouer que les soi-disant Haïkus occidentaux au lieu de reproduire le côté instantané et intense de ces poèmes exotiques, soit en trahissent l'esprit par l'insertion de jugements ou de sentiments, soit tombent par excès de respect de la règle dans une laconicité vraiment indigente. L'extrême dépouillement du Haïku étant lié au génie propre de la culture nippone et au Zen en particulier je préfère abandonner ce qui ne serait au mieux qu'une pâle imitation au profit d'un authentique produit du terroir :-))

 

 

pâle et bas sur l'horizon
le soleil
tiédit pourtant de tendresse

 

flaque d'eau
trou de serrure
ouvert sur un monde inverse

la pluie
sur le pavé
donne à voir le ciel

vert noir blanc
plume
il neige sur les épicéas

il gèle
sous mes pieds
la terre gerce

en hiver
les arbres
dentelle noire sur un ours blanc

le fut file ds les feuilles
rosace du feuillage
du dessous fusée

dans une galaxie de brindilles

dans le miroir
une branche de cèdre
que je ne puis couper

 

herbes folles
ailes agitées
le faucon terrasse sa proie
la beauté du diable

 

pauvres tout cons tussilages avec leurs corolles comme des culs tout nus à l'air des derniers vents d'hiver !

 

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